Fatima

 Par Cheyenne Bouchet (élève du lycée Marcel Gambier – Lisieux)

Adapté du livre Prière à la Lune de Fatima Elayoubi, Fatima retrace l’histoire d’une femme d’origine algérienne qui vit en France avec ses deux filles qu’elle élève seule : Nesrine et Souad. Contrairement à ses filles, elle maîtrise mal le français, ce qui l’empêche de communiquer librement avec elles mais surtout de s’intégrer socialement. Elle travaille comme femme de ménage pour subvenir aux besoins de sa famille.

Nesrine, sa fille ainée, particulièrement mature pour ses 18 ans, fait des études de médecine. Elle veut réussir à tout prix, d’abord pour sa mère, mais surtout pour se sortir de la situation précaire dans laquelle elles se trouvent. De nombreuses scènes la montrent en train de réviser consciencieusement. Sa mère la soutient mais lui dit tout de même qu’elle travaille trop, et que ce n’est pas bon pour elle de s’enfermer dans ses révisions. C’est une jeune femme forte mais sensible, elle est à bout (on la voit craquer plusieurs fois durant le film) mais son caractère de battante la pousse à dépasser ses limites pour ne pas échouer dans sa vie personnelle et professionnelle.

La cadette, elle, âgée de 15 ans, se fiche littéralement des cours et passe son temps dans la rue avec ses amies. Elle n’accepte pas la situation difficile et le métier de sa mère et la rejette. Lors d’une dispute très violente entre elle et sa mère, elle se permet même de la traiter de « torchon ». En pleine rébellion, Souad se cherche avec difficulté. Agressive et brutale, elle cache un profond mal-être.

A travers le personnage de Fatima, le réalisateur rend un bel hommage aux femmes qui élèvent seules leurs enfants. Il permet à ceux qui ont vécu cette situation de se reconnaître en cette famille et à ceux qui ne l’ont pas vécue de mieux se rendre compte de la difficulté que cela implique. On suit Fatima sur ses lieux de travail, notamment chez la femme riche chez qui elle fait le ménage. Dans une de ces scènes, on apprend que le fils de celle-ci fait des études de médecine comme sa fille. La seule différence c’est que lui n’en a rien à faire et ne cherche pas à réussir ses examens. Il est à la charge de ses parents, pour lui c’est une option, pour Nesrine une nécessité. On voit là une inégalité qu’on peut souvent retrouver autour de nous.

D’un bout à l’autre, ce long-métrage est tout ce qu’il y a de plus touchant, Philippe Faucon s’attaque à des sujets des plus respectables et il a montré élégamment avec ce film, qu’il maîtrise l’art de dire les choses graves avec légèreté.

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